Créer sa conciergerie Airbnb : statut, carte G et démarches
Mis à jour le 7 octobre 2026
La location courte durée a fait naître un métier : la conciergerie, qui gère pour le compte des propriétaires l’accueil des voyageurs, le ménage, le linge et parfois les annonces. Le métier se lance avec peu de moyens, mais il touche à la gestion du bien d’autrui : la question de la carte professionnelle doit être réglée dès le départ. Voici les étapes.
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1. Définir ce que vous allez faire (et ne pas faire)
Deux grands modèles existent, et ils n’ont pas les mêmes obligations :
- Les prestations de services : accueil et remise des clés, ménage, linge, petites interventions, état des lieux. Le propriétaire garde la main sur son annonce, ses prix et l’encaissement des loyers.
- La gestion pour le compte du propriétaire : vous créez et gérez l’annonce, fixez les prix, acceptez les réservations, encaissez les loyers ou les reversez. Vous agissez alors comme mandataire sur le bien d’autrui.
2. La carte professionnelle (loi Hoguet) : quand est-elle obligatoire ?
La loi Hoguet (n° 70-9 du 2 janvier 1970) encadre les professionnels qui interviennent de manière habituelle sur les biens d’autrui. Selon les analyses juridiques publiées sur le sujet, la carte G (gestion immobilière) est requise dès qu’une conciergerie encaisse des loyers ou gère des mandats pour le compte de propriétaires : fixation des prix, validation des réservations, gestion de la relation avec les voyageurs au nom du propriétaire. C’est la réalité de l’activité qui compte, pas l’intitulé du contrat : un contrat baptisé « prestation de services » peut être requalifié par un juge.
Exercer sans carte quand elle est requise expose à des sanctions pénales (jusqu’à 7 500 € d’amende et six mois d’emprisonnement, selon ces analyses) et à la nullité des contrats, avec remboursement des commissions perçues.
Obtenir la carte suppose notamment de justifier d’une aptitude professionnelle (diplôme ou expérience), d’une garantie financière et d’une assurance responsabilité civile professionnelle. La demande se fait auprès de la chambre de commerce et d’industrie (CCI). Faites valider votre modèle par un juriste avant de signer vos premiers contrats : c’est le point le plus sensible du métier.
3. Choisir son statut
- La micro-entreprise : simple et rapide pour démarrer seul en prestations de services, avec des formalités et une comptabilité allégées, dans la limite des plafonds de chiffre d’affaires du régime.
- Une société (SASU, EURL…) : plus adaptée si vous embauchez, si vous visez la gestion avec carte G (garantie financière, encaissements), ou si vous voulez séparer patrimoine personnel et professionnel.
L’immatriculation se fait sur le Guichet unique des formalités d’entreprises. Un expert-comptable vous aidera à choisir selon votre projet.
4. S’assurer
Une responsabilité civile professionnelle est indispensable, même sans carte : une clé perdue, un dégât des eaux pendant un ménage, une erreur de réservation peuvent coûter cher. Vérifiez aussi ce que couvrent les assurances des propriétaires et des plateformes.
5. Le contrat avec le propriétaire
Un contrat écrit, pour chaque propriétaire, doit préciser :
- les prestations incluses et celles facturées en plus ;
- la rémunération (commission, forfait) et son assiette ;
- qui encaisse les loyers et qui gère la plateforme (attention à la carte G) ;
- la gestion des dégâts : état des lieux, photos, délais de réclamation ;
- la durée, le préavis et la remise des clés en fin de contrat.
6. S’équiper
Le métier repose sur l’organisation : planning des départs, équipes de ménage, stock de linge et de consommables, et surtout preuve du travail fait. Un ménage contesté ou un dégât découvert trois jours après se règlent beaucoup plus facilement avec des photos datées, pièce par pièce.
Chaque intervention, prouvée en photo
Constat après ménage comparé à l’état de référence, tâches confiées par le propriétaire, journal partagé par logement : tout au même endroit. Vos propriétaires créent leur logement gratuitement et vous l’associent en un lien.
Votre check-list de lancement
- Définir votre offre : services seuls, ou gestion complète.
- Vérifier avec un juriste si la carte G est nécessaire, et l’obtenir le cas échéant.
- Choisir le statut et s’immatriculer.
- Souscrire une RC professionnelle.
- Rédiger le contrat type et la grille tarifaire (voir fixer ses tarifs).
- Recruter ou former l’équipe de ménage.
- Choisir ses outils, et trouver ses premiers propriétaires.
Les guides conciergerie : créer sa conciergerie Airbnb · fixer ses tarifs · trouver des propriétaires · l’outil gratuit des conciergeries
Sources : loi n° 70-9 du 2 janvier 1970 (loi Hoguet) ; Hostlegal, « Carte G conciergerie : obligatoire en 2026 ? » (août 2026). Cet article est informatif et ne constitue pas un conseil juridique : faites valider votre situation par un professionnel du droit.