Caution en location saisonnière : montant, encaissement, restitution
Mis à jour le 2 octobre 2026
En location longue durée, la caution (ou dépôt de garantie) est strictement encadrée : montant plafonné, délai de restitution fixé par la loi. En location saisonnière, c’est très différent : presque tout se décide dans le contrat… et dans les règles de la plateforme sur laquelle vous louez. Voici ce qu’il faut savoir pour fixer une caution juste et pouvoir l’utiliser en cas de dégâts.
Ce que dit la loi : très peu de choses
Pour un meublé de tourisme loué à la semaine ou au week-end, aucun texte n’impose de caution, ni n’en fixe le montant maximum. Les règles protectrices du bail d’habitation (plafond, restitution sous un ou deux mois) concernent la location de la résidence principale du locataire, pas la location saisonnière.
Concrètement, la caution relève de la liberté contractuelle : elle existe si elle est prévue au contrat, ou dans les conditions affichées avant la réservation, et selon les modalités qui y sont écrites.
Quel montant demander ?
Faute de plafond légal, le montant doit rester raisonnable et proportionné à la valeur du logement et de ce qu’il contient. Une caution très élevée fait fuir les voyageurs et peut être contestée en cas de litige.
Les pratiques courantes relevées par les professionnels du secteur :
- un forfait fixe, adapté au standing du logement ;
- ou un pourcentage du prix du séjour, souvent cité autour de 20 à 30 %.
Pour un logement contenant des équipements coûteux (piscine, électroménager haut de gamme, œuvres), un montant plus élevé se justifie, à condition qu’il soit annoncé clairement.
Encaisser ou pas : les modes de versement
| Mode | Avantage | Inconvénient |
|---|---|---|
| Chèque non encaissé | Simple, rien n’est débité | De moins en moins utilisé, voyageurs étrangers |
| Empreinte ou pré-autorisation bancaire | Rien n’est débité, le plus courant | Durée de validité limitée, à vérifier avec votre prestataire de paiement |
| Virement ou espèces | Somme disponible immédiatement | À restituer, et plus intrusif pour le voyageur |
Quel que soit le mode, écrivez dans le contrat comment et quand la caution est restituée.
La restitution : fixez vous-même le délai
Il n’existe pas de délai légal de restitution en location saisonnière. C’est donc au contrat de le prévoir. Un délai court, une à deux semaines, est la norme et rassure le voyageur.
En cas de retenue :
- elle doit correspondre à un dommage réel causé pendant le séjour, à un ménage anormal ou à une prestation impayée prévue au contrat ;
- l’usure normale ne peut pas être retenue ;
- vous devez pouvoir justifier le montant : devis, facture, photos.
Sans preuve, pas de retenue défendable
C’est le point que les propriétaires sous-estiment : en cas de contestation, c’est à vous de prouver que le dégât n’existait pas avant le séjour. Sans état des lieux d’entrée, le voyageur peut toujours soutenir que la tache, la rayure ou la casse étaient déjà là.
Le bon réflexe :
- photographier chaque pièce avant l’arrivée (état de référence) ;
- refaire les mêmes photos après le départ ;
- conserver le tout, daté, avec le devis de réparation.
C’est le rôle de constatséjour : un état de référence photographié une fois, puis un constat guidé à chaque départ, fait par vous, par votre conciergerie ou par le voyageur lui-même grâce à un QR code. Le rapport PDF met chaque photo de sortie à côté de la vue de référence, avec l’heure du serveur. C’est un élément de documentation, qui ne préjuge pas de son acceptation par un tiers.
Les règles d’Airbnb et de Booking.com
La loi laisse faire le contrat, mais les plateformes imposent leurs propres règles :
- Airbnb : depuis 2025, sa politique interdit à la grande majorité des hôtes d’exiger une caution en dehors de la plateforme (chèque, empreinte, virement), sauf cas particuliers déclarés dans l’annonce. Les dégâts se règlent alors via le Centre de résolution et AirCover : voir Dégâts Airbnb : se faire rembourser avec AirCover.
- Booking.com : vous pouvez prévoir un dépôt de garantie géré par vous, à condition qu’il figure dans les conditions de l’établissement avant la réservation. Voir Dégâts sur Booking.com : comment réclamer.
- En direct (votre site, bouche-à-oreille) : le contrat de location fait foi. Pensez à y faire figurer la caution et l’état des lieux : voir les clauses du contrat de location saisonnière.
Et si la caution ne suffit pas ?
Si les dégâts dépassent la caution, ou si vous n’en aviez pas, vous pouvez réclamer la différence au voyageur. Les recours sont détaillés dans Le voyageur refuse de payer les dégâts : quels recours ?.
L’essentiel
- Pas de plafond ni de délai légal : tout est dans le contrat ou les conditions affichées.
- Montant raisonnable, annoncé avant la réservation.
- Retenue = dommage réel + justificatif. L’usure normale ne compte pas.
- Sur Airbnb, la caution est quasiment exclue : la preuve de l’état du logement devient votre principale protection.
À lire aussi : l’état des lieux en location saisonnière, le guide complet
Sources : Lockimmo, « La caution en location saisonnière : le guide complet » ; Rental Scale-Up, « La nouvelle politique hors plateforme d’Airbnb » (novembre 2025). Les règles des plateformes évoluent : vérifiez la version en vigueur. Cet article est informatif et ne constitue pas un conseil juridique.